Le résultat des élections européennes a provoqué une véritable onde de choc que personne n’avait vu venir.

A la surprise générale, le président de la République a choisi de dissoudre l’Assemblée nationale. Une décision subite qui interroge désormais la responsabilité de chacun, mais aussi le devenir du pays, dans un contexte marqué par la montée des extrêmes et des populismes.

A ce stade du processus électoral, nul ne sait quel bloc politique sortira vainqueur de ce scrutin, mais les enjeux ne sont pas anodins, notamment pour la profession infirmière, engagée depuis plusieurs mois dans une profonde transformation de son exercice professionnel, promise par le pouvoir exécutif en place.

Totalement alignée sur les positions défendues par les instances représentatives de la profession, l’ANdEP fera le nécessaire pour que les évolutions prévues ne soient pas retardées, ni remises en cause par la future majorité. Quel que soit le verdict des urnes, la refonte du métier et de la formation des infirmiers devra être poursuivie et achevée.

Une chose est sûre : personne ne peut se satisfaire de cette atonie parlementaire qui devrait durer encore trois longues semaines. La publication rapide des textes d’application des lois Rist et Valletoux serait un signe de bonne foi de la part des autorités. Au-delà des incertitudes politiques, la santé des Français ne peut plus attendre…

Le projet de loi sur la fin de vie suscite des réactions controversées, notamment chez certains soignants, qui dénoncent un modèle ultra-permissif relevant davantage de l’euthanasie et du suicide assisté que de l’aide active à mourir. Explications.

La tâche du gouvernement ne sera pas simple. Celle des parlementaires non plus. Promesse de campagne du candidat Macron, le projet de loi sur la fin de vie sera la dernière grande réforme sociétale du quinquennat, mais le texte présenté mi-avril en conseil des ministres ne fait pas l’unanimité. Et pour cause : certaines personnes pourront se voir prescrire une substance létale et se l’administrer seules ou avec assistance. Cette « aide à mourir » sera naturellement très encadrée. Elle sera strictement réservée aux « patients majeurs capables d’un discernement plein et entier, atteints d’une maladie incurable avec un pronostic vital engagé à court ou moyen terme et subissant des souffrances réfractaires ». Chaque individu concerné pourra formuler une demande et recevra un avis sous quinze jours. La prescription sera valable trois mois et le patient pourra se rétracter à tout moment. Autre fait marquant : certaines dispositions de la stratégie décennale sur les soins palliatifs ont été incluses dans le projet de loi sur la fin de vie, dont la création d’une unité de soins spécialisée dans chacun des 21 départements non pourvus.

Des interrogations légitimes

La proposition du gouvernement suscite des réactions controversées, notamment chez certains soignants, qui dénoncent un modèle ultra-permissif relevant davantage de l’euthanasie et du suicide assisté que de l’aide active à mourir. Délais, responsabilité, formation… Certaines organisations représentatives des professionnels de santé ont récemment fait part de leurs doutes et de leurs interrogations devant la commission spéciale de l’Assemblée nationale sur le projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie, dont l’examen en première lecture doit débuter fin mai. « Ce texte est nécessaire, car le cadre législatif actuel ne répond pas à toutes les situations de souffrance. Ce n’est ni un modèle euthanasique, ni une autorisation de se suicider. Ce n’est pas non plus un droit nouveau ni une liberté nouvelle, mais un chemin possible avec des conditions strictes, qui sont autant de garanties protectrices des personnes concernées et des soignants », assurait notamment Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, durant sa propre audition. Au regard de la sensibilité du sujet, qui soulève des enjeux éthiques, culturels et religieux, le marathon parlementaire pourrait durer deux ans.


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Les infirmiers en pratique avancée ne trouvent pas leur place dans le système de santé… et les réticences du corps médical n’expliquent pas tout.

Largement dénoncées par leurs instances représentatives, les conditions « restrictives » de leur exercice professionnel ralentissent leur intégration dans les parcours de soins. L’inertie administrative aussi. Malgré les ouvertures législatives, certains décrets d’application se font toujours attendre, dont ceux sur l’accès direct et la primo-prescription.

Les récentes déclarations de Frédéric Valletoux pourraient néanmoins leur redonner espoir avec la publication annoncée des textes manquants « avant cet été ». Des « avancées concrètes » ont par ailleurs été promises sur un autre chantier majeur pour toute la profession : la clarification et le renforcement des compétences infirmières. Les possibilités de « créer une consultation en soins infirmiers » et de leur « ouvrir un droit à certaines prescriptions » pour « favoriser un plus grand accès aux soins dans les territoires » ont été expressément citées par le ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention. Le contenu du statut d’infirmier référent devrait également être « bientôt précisé ».


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé

Tous les IDE volontaires peuvent désormais rédiger et signer le certificat de décès d’une personne majeure qui a perdu la vie chez elle ou dans un Ehpad… exception faite des « situations où le caractère violent de la mort est manifeste » ou en cas de « signes et indices de mort violente ou d’autres circonstances qui donneront lieu de le soupçonner ».

Menée dans six régions depuis décembre dernier, l’expérimentation a été récemment étendue par décret dans toute la France. Si la non-disponibilité du médecin dans un « délai raisonnable » ne fait plus partie des conditions suspensives, plusieurs prérequis ont toutefois été posés : les infirmiers intéressés doivent notamment être diplômés depuis au moins trois ans, avoir validé une formation spécifique et être inscrits sur une liste tenue par leur ordre professionnel. En cas de besoin, ils pourront être sollicités par les Samu, les services de police ou de gendarmerie ou le médecin traitant qui ne peut pas se rendre disponible. Les intentions des pouvoirs publics sont claires : cette expérimentation nationale doit permettre d’évaluer la faisabilité et l’acceptabilité de ce modèle organisationnel, mais aussi d’améliorer les délais d’obtention du certificat de décès par les familles, avant une éventuelle généralisation. Selon le ministère de la Santé, 1 217 infirmiers ont déjà été formés en anticipation de cette évolution.


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L’ANCIM* et l’IFROSS** ont lancé une enquête nationale en ligne sur les motivations et la prise de fonctions managériales des cadres de santé.

Cette initiative s’adresse à tous les professionnels paramédicaux – non titulaires du diplôme de cadre de santé – qui occupent des fonctions managériales dans les secteurs du soin, de l’hébergement ou de la formation, mais elle est plus particulièrement destinée aux cadres apprenants en poste dans le secteur public et aux fonctions assimilées dans le secteur privé. Trois grands objectifs ont été identifiés : objectiver les motivations des professionnels paramédicaux à s’orienter vers des fonctions managériales ou de formation ; explorer les mises en condition d’exercice managérial ou de formation de ces professionnels ; identifier les apports manquants pour leur permettre d’assurer au mieux ces fonctions en termes de développement de leurs compétences et d’accompagnement sur le terrain. Précision notable apportée par ses deux promoteurs : cette enquête prend moins de cinq minutes et les réponses sont totalement anonymes.

(*) Association nationale des cadres de santé – ANCIM.
(**) Institut de formation et de recherche sur les organisations sanitaires et sociales – IFROSS.

https://apps.evalandgo.com/form/451903/s/?id=JTlBbyU5NnAlOUQlQUM%3D&a=JTk4biU5MnElOTYlQUM%3D


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé

Dans une enquête publiée fin avril, la Fédération des associations générales étudiantes écorne une nouvelle fois la réforme des études de santé, confirmant ainsi le « constat d’échec » évoqué dans sa dernière publication sur le sujet.

Pression, rythme de travail, sentiment d’isolement… Elle déplore notamment la forte hausse des risques psychosociaux, illustrée par deux chiffres-clés : 81 % des étudiants interrogés se disent davantage stressés depuis la mise en œuvre du PASS/L.AS et 42 % ont envisagé un abandon en cours d’année. La FAGE pointe également les failles d’un système à deux vitesses, avec une différence de niveau entre les deux voies d’entrée ressentie par 42 % des étudiants en deuxième année. Dans le cadre de la révision programmée des accès aux études de santé, la FAGE plaide pour une voie unique composée d’une licence, harmonisée sur l’ensemble du territoire, qui inclurait la filière kinésithérapie. Elle réclame également une meilleure prise en compte de la santé mentale des étudiants et une hausse du nombre de places en deuxième année. Elle demande par ailleurs des actes « forts et urgents » concernant la régulation des classes préparatoires privées, mais aussi un « soutien concret » des systèmes de tutorat santé par les rectorats.

NB : les résultats et les conclusions de cette enquête sont issues des 13 080 réponses fournies par des étudiants actuellement en PASS/L.AS ou qui s’y trouvaient l’an dernier.


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Sylvaine Mazière-Tauran a été élue présidente de l’Ordre national des infirmiers.

Elle succède à Patrick Chamboredon qui occupait cette fonction depuis six ans. Infirmière anesthésiste, elle est aussi titulaire d’un diplôme d’ingénieur maître en management des systèmes de santé délivré par l’Université Lyon 3 IFROSS. Secrétaire générale adjointe sortante de l’ONI et membre du CDOI du Rhône, elle avait également présidé le CROI Rhône-Alpes il y a quelques années. Sa première déclaration publique révèle ses intentions, mais aussi l’ampleur de sa mission : « C’est dans un esprit de travail collectif, d’écoute et de respect, que je souhaite contribuer à l’évolution et à la transformation de la profession. Nous agirons, ensemble, pour que chaque personne puisse bénéficier d’un accès aux soins de qualité en tout point du territoire. » Parmi d’autres chantiers prioritaires, elle devra notamment accompagner les travaux sur la réingénierie du métier et de la formation dans une organisation sanitaire en pleine mutation.

NB : ancienne directrice des soins au sein du groupe Ramsey Générale de Santé, Sylvaine Mazière-Tauran est « expert visiteur » à la Haute Autorité de santé depuis vingt-quatre ans.


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L’accueil des personnes en situation de handicap est un enjeu majeur pour les instituts de formation.

Au-delà des lois et des impératifs sociétaux, pas moins de sept indicateurs y sont consacrés dans le cadre de la certification nationale Qualiopi, qui demeure un sésame indispensable pour nos structures, tant du point de vue de la qualité de nos enseignements que de la légitimité de nos établissements.

L’indicateur 26 revêt une dimension particulière. Gage de crédibilité et de professionnalisme, il détaille notamment le rôle et la mission du référent handicap. Un acteur incontournable qui sensibilise, informe et accompagne les acteurs de la formation et les publics en situation de handicap. Une fonction essentielle pour une formation plus inclusive et plus égalitaire.

L’ANdEP peut compter sur de nombreux directeurs d’institut pleinement engagés dans cette démarche, et organise chaque année un webinaire thématique qui apporte des conseils pratiques et des ressources spécifiques aux participants. Cet événement aura le lieu le lundi 10 juin. Il sera animé par deux experts en la matière : Patrice Thuaud et Delphine Volozan.