Les infirmiers en pratique avancée ne trouvent pas leur place dans le système de santé… et les réticences du corps médical n’expliquent pas tout.

Largement dénoncées par leurs instances représentatives, les conditions « restrictives » de leur exercice professionnel ralentissent leur intégration dans les parcours de soins. L’inertie administrative aussi. Malgré les ouvertures législatives, certains décrets d’application se font toujours attendre, dont ceux sur l’accès direct et la primo-prescription.

Les récentes déclarations de Frédéric Valletoux pourraient néanmoins leur redonner espoir avec la publication annoncée des textes manquants « avant cet été ». Des « avancées concrètes » ont par ailleurs été promises sur un autre chantier majeur pour toute la profession : la clarification et le renforcement des compétences infirmières. Les possibilités de « créer une consultation en soins infirmiers » et de leur « ouvrir un droit à certaines prescriptions » pour « favoriser un plus grand accès aux soins dans les territoires » ont été expressément citées par le ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention. Le contenu du statut d’infirmier référent devrait également être « bientôt précisé ».


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé

Tous les IDE volontaires peuvent désormais rédiger et signer le certificat de décès d’une personne majeure qui a perdu la vie chez elle ou dans un Ehpad… exception faite des « situations où le caractère violent de la mort est manifeste » ou en cas de « signes et indices de mort violente ou d’autres circonstances qui donneront lieu de le soupçonner ».

Menée dans six régions depuis décembre dernier, l’expérimentation a été récemment étendue par décret dans toute la France. Si la non-disponibilité du médecin dans un « délai raisonnable » ne fait plus partie des conditions suspensives, plusieurs prérequis ont toutefois été posés : les infirmiers intéressés doivent notamment être diplômés depuis au moins trois ans, avoir validé une formation spécifique et être inscrits sur une liste tenue par leur ordre professionnel. En cas de besoin, ils pourront être sollicités par les Samu, les services de police ou de gendarmerie ou le médecin traitant qui ne peut pas se rendre disponible. Les intentions des pouvoirs publics sont claires : cette expérimentation nationale doit permettre d’évaluer la faisabilité et l’acceptabilité de ce modèle organisationnel, mais aussi d’améliorer les délais d’obtention du certificat de décès par les familles, avant une éventuelle généralisation. Selon le ministère de la Santé, 1 217 infirmiers ont déjà été formés en anticipation de cette évolution.


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L’ANCIM* et l’IFROSS** ont lancé une enquête nationale en ligne sur les motivations et la prise de fonctions managériales des cadres de santé.

Cette initiative s’adresse à tous les professionnels paramédicaux – non titulaires du diplôme de cadre de santé – qui occupent des fonctions managériales dans les secteurs du soin, de l’hébergement ou de la formation, mais elle est plus particulièrement destinée aux cadres apprenants en poste dans le secteur public et aux fonctions assimilées dans le secteur privé. Trois grands objectifs ont été identifiés : objectiver les motivations des professionnels paramédicaux à s’orienter vers des fonctions managériales ou de formation ; explorer les mises en condition d’exercice managérial ou de formation de ces professionnels ; identifier les apports manquants pour leur permettre d’assurer au mieux ces fonctions en termes de développement de leurs compétences et d’accompagnement sur le terrain. Précision notable apportée par ses deux promoteurs : cette enquête prend moins de cinq minutes et les réponses sont totalement anonymes.

(*) Association nationale des cadres de santé – ANCIM.
(**) Institut de formation et de recherche sur les organisations sanitaires et sociales – IFROSS.

https://apps.evalandgo.com/form/451903/s/?id=JTlBbyU5NnAlOUQlQUM%3D&a=JTk4biU5MnElOTYlQUM%3D


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Dans une enquête publiée fin avril, la Fédération des associations générales étudiantes écorne une nouvelle fois la réforme des études de santé, confirmant ainsi le « constat d’échec » évoqué dans sa dernière publication sur le sujet.

Pression, rythme de travail, sentiment d’isolement… Elle déplore notamment la forte hausse des risques psychosociaux, illustrée par deux chiffres-clés : 81 % des étudiants interrogés se disent davantage stressés depuis la mise en œuvre du PASS/L.AS et 42 % ont envisagé un abandon en cours d’année. La FAGE pointe également les failles d’un système à deux vitesses, avec une différence de niveau entre les deux voies d’entrée ressentie par 42 % des étudiants en deuxième année. Dans le cadre de la révision programmée des accès aux études de santé, la FAGE plaide pour une voie unique composée d’une licence, harmonisée sur l’ensemble du territoire, qui inclurait la filière kinésithérapie. Elle réclame également une meilleure prise en compte de la santé mentale des étudiants et une hausse du nombre de places en deuxième année. Elle demande par ailleurs des actes « forts et urgents » concernant la régulation des classes préparatoires privées, mais aussi un « soutien concret » des systèmes de tutorat santé par les rectorats.

NB : les résultats et les conclusions de cette enquête sont issues des 13 080 réponses fournies par des étudiants actuellement en PASS/L.AS ou qui s’y trouvaient l’an dernier.


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé

Sylvaine Mazière-Tauran a été élue présidente de l’Ordre national des infirmiers.

Elle succède à Patrick Chamboredon qui occupait cette fonction depuis six ans. Infirmière anesthésiste, elle est aussi titulaire d’un diplôme d’ingénieur maître en management des systèmes de santé délivré par l’Université Lyon 3 IFROSS. Secrétaire générale adjointe sortante de l’ONI et membre du CDOI du Rhône, elle avait également présidé le CROI Rhône-Alpes il y a quelques années. Sa première déclaration publique révèle ses intentions, mais aussi l’ampleur de sa mission : « C’est dans un esprit de travail collectif, d’écoute et de respect, que je souhaite contribuer à l’évolution et à la transformation de la profession. Nous agirons, ensemble, pour que chaque personne puisse bénéficier d’un accès aux soins de qualité en tout point du territoire. » Parmi d’autres chantiers prioritaires, elle devra notamment accompagner les travaux sur la réingénierie du métier et de la formation dans une organisation sanitaire en pleine mutation.

NB : ancienne directrice des soins au sein du groupe Ramsey Générale de Santé, Sylvaine Mazière-Tauran est « expert visiteur » à la Haute Autorité de santé depuis vingt-quatre ans.


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L’accueil des personnes en situation de handicap est un enjeu majeur pour les instituts de formation.

Au-delà des lois et des impératifs sociétaux, pas moins de sept indicateurs y sont consacrés dans le cadre de la certification nationale Qualiopi, qui demeure un sésame indispensable pour nos structures, tant du point de vue de la qualité de nos enseignements que de la légitimité de nos établissements.

L’indicateur 26 revêt une dimension particulière. Gage de crédibilité et de professionnalisme, il détaille notamment le rôle et la mission du référent handicap. Un acteur incontournable qui sensibilise, informe et accompagne les acteurs de la formation et les publics en situation de handicap. Une fonction essentielle pour une formation plus inclusive et plus égalitaire.

L’ANdEP peut compter sur de nombreux directeurs d’institut pleinement engagés dans cette démarche, et organise chaque année un webinaire thématique qui apporte des conseils pratiques et des ressources spécifiques aux participants. Cet événement aura le lieu le lundi 10 juin. Il sera animé par deux experts en la matière : Patrice Thuaud et Delphine Volozan.

L’ANdEP a fait intervenir Karine Boiteau présidente de B-Kare Conseil, et Pierre Guilhem, co-fondateur de N’oublie Jamais, lors des Journées d’Études.

L’approche présentée: rendre l’apprentissage profond et durable grâce aux sciences cognitives. Cette formation de 35 heures s’étale sur un an.
Elle met en œuvre les recommandations sur la formation des formateurs publiées par l’Éducation Endowment Foundation, un des grands acteurs de l’Evidence-Based Education.
En voici quelques-unes :
  • Pour obtenir un impact visible, se focaliser sur des mécanismes de formation avec un niveau de preuve élevé. La formation s’axe autour des deux mécanismes les plus robustes sur la consolidation des apprentissages : l’effet d’espacement et l’effet test.
  • Présenter des sources fiables pour mettre les formateurs en confiance.
  • Accompagner les formateurs jusqu’à la mise en œuvre effective et répétée des techniques sur le terrain.
  • Faire une formation d’équipe pour créer la synergie et un langage commun.
  • Suivre individuellement chaque formateur dans le développement de ses compétences dans le temps, chaque formateur ayant un parcours singulier.
L’Education Endowment Foundation met à disposition des directeurs d’établissements un guide de recommandations où vous trouverez les critères de sélection des formations de formateurs impactantes.
Pour télécharger ce guide dans sa version originale (en anglais) ou sa traduction en français suivez ce lien vers le blog de N’oublie Jamais.

Nous ne pouvions pas laisser cette information sous silence, Florence Girard  a été honorée de la médaille du mérite par Jérôme Teillard, Chef de projet Réforme de l’accès à l’Enseignement supérieur et inspecteur général de l’Education, du Sport et de la Recherche..

Sa qualité d’infirmière et formatrice ainsi que son engagement  dans le domaine de la santé et de l’éducation ont été salués.
Son dévouement et son expertise ont grandement contribué à l’amélioration des soins de santé et à la formation de futurs professionnels.
Cette reconnaissance témoigne de son exceptionnel service à la communauté et de son engagement  sans faille.
Cette médaille honore le monde de la formation des étudiants en santé.