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Dans un communiqué publié fin février, le CEFIEC annonce le report officiel de la mise en application du référentiel de formation des infirmiers en septembre 2026.

Une satisfaction pour l’association qui réclamait, depuis plusieurs mois, un délai supplémentaire pour garantir le succès de cette réforme, initialement prévue pour la rentrée prochaine. Selon le nouveau calendrier fixé par les tutelles, les arrêtés relatifs au référentiel de formation infirmière, en cours de finalisation, devraient être publiés « à l’horizon de l’été 2025 ». Autre évolution confirmée durant le dernier comité de suivi de la réingénierie de la formation initiale infirmière : la durée des études sera maintenue à trois ans. Une décision « cohérente et efficace » qui permettra de préserver un équilibre entre la qualité de l’enseignement et le bien-être des étudiants. Dans la continuité de ces annonces, le CEFIEC invite « l’ensemble des équipes des IFSI, des milieux cliniques et des universités à profiter de cette opportunité de calendrier pour engager une co-construction de la formation infirmière de demain. »

NB : le Comité d’entente des formations infirmières et cadres est une association de structures de formation aux métiers de la santé qui regroupe 331 IFSI, 288 IFAS, 48 IFAP et quelques écoles de spécialités infirmières (puériculture, bloc opératoire…).

Dans sa dernière enquête annuelle publiée fin novembre, la Drees signale une hausse du nombre d’inscrits et de diplômés dans les formations aux professions de santé non médicales et de sage-femme en 2023.

Premier enseignement : les inscriptions en première année ont, toutes disciplines confondues, progressé de 1 %. Les formations d’auxiliaire de puériculture (+ 12 %), de sage-femme (+ 11 %) et de préparateur en pharmacie hospitalière (+ 9 %) affichent la plus forte progression en termes d’effectifs, loin devant celle d’infirmier en puériculture (- 12 %) qui enregistre la plus forte baisse sur la période.

Second enseignement : le nombre de diplômés a progressé de 3 % en 2023… soit la plus forte hausse constatée depuis dix ans. Il a particulièrement augmenté chez les auxiliaires de puériculture (+ 21 %), les infirmiers anesthésistes (+ 14 %) et les sages-femmes (+ 9 %), mais il a fortement diminué chez les ambulanciers (- 22 %), les infirmiers puériculteurs (- 6 %) et les infirmiers de bloc opératoire (- 4 %). Autre fait marquant : 11 % des élèves ou étudiants en première année de formation ont interrompu leur cursus, soit une hausse de 1 %. Ceux qui se préparent aux métiers de technicien de laboratoire médical (18 %), d’infirmier (14 %) et d’aide-soignant (12 %) sont les premiers concernés.

NB : 174 860 élèves ou étudiants étaient inscrits dans l’une des 1 398 formations aux professions de santé non médicales et de sage-femme en 2023.


Photo : Jeanne Frank / Cocktail Santé

Fondatrice de la méthode Charlotte K et du blog éponyme aux 50 000 connexions mensuelles, Charlotte Kerbrat publie un ouvrage théorique et pratique pour favoriser le mieux-être professionnel des infirmières et des infirmiers qui songent, pour certains, à quitter définitivement le métier.

Changement de service ou de structure, spécialisation, reprise des études, reconversion… Elle détaille toutes les possibilités pour bâtir un projet de vie personnalisé. Témoignages à l’appui, elle propose notamment des exercices ludiques pour mieux comprendre ses besoins et ses envies. Elle fournit également des conseils adaptés pour obtenir des aides et des financements ou construire un plan d’actions cohérent. Garder sa blouse ou changer de vie ? L’autrice divulgue tous ses secrets pour vivre une vie IDEale.

NB : « Infirmière : je fais quoi après ? », Charlotte Kerbrat, Editions Vuibert, 192 pages (février 2024).

Dès la rentrée prochaine, les étudiants qui ont validé leur PASS ou leur L.AS. pourront directement entrer en deuxième année de formation paramédicale.

Complexe, la réforme est soumise à de nombreuses conditions. En fonction des résultats obtenus et des capacités d’accueil de l’établissement choisi, la décision finale reviendra au directeur de l’institut concerné. Inédite, cette expérimentation soulève également de nombreuses interrogations, à commencer par le rattrapage des compétences manquantes et la validation des stages. De toute évidence, une mise à niveau préalable devra être envisagée, idéalement pendant l’été.

En dépit des incertitudes, cette nouvelle passerelle marque une forme de reconnaissance universitaire nouvelle pour la filière paramédicale.

NB : la deuxième année de masso-kinésithérapie est déjà accessible après un PASS ou un L.AS. Au même titre que les études de médecine, de maïeutique, d’odontologie et de pharmacie, cette formation est soumise à un numerus apertus. 

Professeur d’anglais à l’IFSI de la Fondation Léonie Chaptal en région parisienne, Michel Lemieux mène actuellement une étude inédite sur l’utilisation de l’anglais dans la pratique infirmière en France et en Europe.

Ce projet doit notamment permettre de mieux cerner les besoins des IDE en la matière. Il doit également permettre de mieux former les futurs élèves infirmiers. Trois minutes vous suffiront pour répondre à une vingtaine de questions. Les résultats complets de cette enquête déclarative seront dévoilés à la fin du mois de septembre.

Pour plus d’informations

Une première session de formation aux usages de l’intelligence artificielle a été organisée début mars dans tous les instituts paramédicaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Annoncé lors des Assises régionales de la santé il y a quinze mois, ce programme thématique doit permettre de sensibiliser les formateurs et les étudiants aux enjeux professionnels, éthiques et médicaux de l’IA. Pour accompagner la transformation des apprentissages et des métiers, cette initiative sera prolongée dans le temps. Au cours du semestre, des contenus spécifiques seront notamment déployés à l’attention des infirmiers de pratique avancée. D’ici au mois de janvier prochain, une formation en ligne sera accessible à tous les étudiants en soins infirmiers de troisième année.

Première européenne à l’échelle d’une région, ce programme a été mis en œuvre par Ethik-IA, une initiative académique et citoyenne qui cherche à promouvoir un mode de régulation positif des algorithmes en santé, fondé sur la garantie humaine.

La procédure de recertification prévue dans le projet de loi santé a été élargie par les députés.

Ainsi, le texte, actuellement soumis aux sénateurs, instaurerai pour les membres de sept professions de santé (médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, infirmier, masseur-kinésithérapeute, pédicure-podologue) une obligation de se soumettre à un contrôle régulier de ses compétences.

Ce revirement est dû aux pressions exercées par les Ordres des professions citées. « La recertifiction repose sur une véritable mise à jour continue des compétences par l’analyse des pratiques et s’inscrit pleinement dans une logique de droit à l’information du patient », avait indiqué l’Ordre national des infirmiers (ONI). « Au moment où l’on parle d’équipe de soins, de collectif de soins autour du patient, de communauté professionnelle, réserver cette recertification aux seuls médecins, alors qu’elle est un gage de qualité et de sécurité des soins dus aux patients, n’aurait pas de sens. »

Pour la Fédération nationale des infirmiers (FNI), la recertification n’entraînera « rien de révolutionnaire ou de nouveau », car elle ressemble au Développement professionnel continu (DPC) déjà en vigueur.

Depuis plusieurs années, nous constatons que les conditions de travail des soignants se dégradent.

De nombreuses études (Conditions de travail 2013, SUMER 2010) le démontrent, l’actualité du début d’année 2018 en est aussi une preuve au regard des grèves des personnels des EPHAD, des médecins et équipes urgentistes qui dénoncent leurs conditions de travail pouvant être dangereuses pour les patients mais aussi pour les soignants.

Le monde de la santé comme celui de la formation en santé est en pleine mutation. Les réformes arrivent par vague, voire parfois comme des déferlantes avec ses lots d’injonctions paradoxales et un leitmotiv « faire des économies ».

Garder le cap est parfois difficile et ce à tous les niveaux. Les établissements de santé et les instituts de formation essayent d’affronter cette évolution non sans répercussion sur les pratiques quotidiennes des soignants et des non soignants. On note une intensification du travail, des incompréhensions devant la complexification des process, une perte de sens du travail, de la violence… qui se traduit par « une usure » des professionnels, de l’absentéisme, des abandons de formation et une baisse d’attractivité pour les métiers de la santé.

La fonction publique hospitalière vit depuis plusieurs années de grandes mutations entrainant un changement culturel peu accompagné qui favorise l’émergence des Risques Psycho-sociaux (RPS). Même si les acteurs sont conscients de l’existence des RPS, les établissements de santé ont encore des difficultés à les appréhender et à les prévenir.

Le Diplôme Universitaire de conseiller en prévention des risques psychosociaux à l’université de Cergy-Pontoise.

Cette formation vise à acquérir les méthodologies, les outils, les techniques permettant de mieux comprendre et appréhender les risques psychosociaux pour faire face aux situations humainement délicates. Elle s’adresse à toutes personnes concernées par la gestion de la prévention des risques, du management de la qualité de vie et de la santé au travail.

Elle comporte les axes suivants axes:

  • Identifier et comprendre les RPS

  • Approcher le cadre légal des RPS

  • Organiser et conduire une mission de prévention RPS

  • Intervenir en qualité de conseiller en prévention des RPS

  • Cycle de conférences et stage de 20 jours

Cette formation donne les ressources aux professionnels pour agir de l’intérieur pour faire évoluer les représentations et les pratiques professionnelles dans une dynamique pluriprofessionnelle.

Pour conclure, comme le souligne Yves Clot  il faut « soigner le travail » et « passer de la gestion des ressources humaines à la gestion humaine des ressources ».

Voir la présentation de cette formation

Gaetane FAY HENRY, Directrice des Instituts de Compiègne Noyon

La loi sur la formation professionnelle, l’assurance chômage et l’apprentissage a été publiée au Journal officiel du 6 septembre. Le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel de la réforme et a donné son feu vert à la monétisation du compte personnel de formation et la transformation du congé individuel de formation en une modalité spécifique d’utilisation. Le texte « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » entrera progressivement en vigueur à horizon 2021.