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La pilule ne passe pas. Dans un communiqué publié fin janvier, le Collectif inter-blocs torpille le nouvel arrêté ministériel définissant la durée et le contenu de la formation complémentaire des infirmiers en soins généraux qui exercent en bloc opératoire.

Une évolution vécue comme « un affront » pour le métier. « La DGOS continue de réduire à néant les compétences nécessaires à la réalisation d’actes techniques exigeants, sous couvert d’une pseudo-formation, qualifiée de sensibilisation par les textes officiels », déplore le CIB, qui accuse certaines organisations professionnelles et certaines écoles de « trahison ». Le Collectif lance donc un appel à la mobilisation « massive et immédiate » au nom de la survie de la profession et de la santé des patients.

Une action nationale se prépare. Pour rappel : un décret publié en octobre dernier prévoyait les conditions dans lesquelles les IDE pouvaient être autorisés à réaliser l’ensemble des actes exclusifs des IBODE dans le cadre du nouveau dispositif transitoire qui s’achèvera fin 2031.

Selon les termes de l’arrêté paru il y a quinze jours, une formation complémentaire de 21 heures sera suffisante pour obtenir une autorisation définitive.

NB : les IDE en fonction en bloc opératoire justifiant au moins un an d’exercice en bloc opératoire en équivalent temps plein au cours des trois dernières années peuvent demander au préfet de région une autorisation temporaire d’exercer les actes exclusifs des IBODE.


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé

A compter de la rentrée prochaine, les infirmiers de bloc opératoire se verront reconnaître le grade de master à l’issue d’un cursus de deux ans, contre dix-huit mois auparavant.

Publiés fin avril, un décret et un arrêté précisent notamment les modalités de délivrance du diplôme, mais aussi les conditions d’accès à la formation, son contenu et son organisation pédagogique. Parmi d’autres avantages, cette évolution devrait plus particulièrement permettre de restaurer l’attractivité du métier. Elle devrait également faciliter la montée en gamme ou la reconversion des professionnels par le biais d’une validation des acquis de l’expérience.

Outre la non-reconnaissance des infirmiers de bloc opératoire préalablement formés, deux points majeurs restent en suspens : le maintien des autorisations accordées aux infirmiers généraux et le niveau de rémunération proposé aux futurs diplômés. Attendue depuis seize ans, la réingénierie de la formation s’inscrit dans le cadre du processus d’universitarisation des professions paramédicales.

NB : la formation sera organisée en douze unités d’enseignement. Elle comptera 1 645 heures, soit 47 semaines de stage. Les étudiants devront valider cinq blocs de compétences.

En « grève illimitée » depuis le 23 septembre, les infirmiers de bloc opératoire réclament une valorisation des actes exclusifs qui libèrent du temps chirurgical, via l’octroi d’une prime spécifique et la revalorisation des grilles salariales.

Reçus pour la première fois au ministère de la Santé, les représentants de la profession (associations, étudiants, syndicat et écoles) n’ont pas obtenu gain de cause sur les salaires, mais ils ont tout de même quitté l’avenue de Ségur avec des promesses concrètes portant sur la refonte de la formation par compétence.

L’installation d’un groupe de travail dans « les plus brefs délais » devrait notamment déboucher sur la mise en place de nouveaux programmes dès la rentrée 2020. La possible suppression des deux années de pratique exigées pour intégrer la formation a également été évoquée. Globalement déçus des propositions faites, les Ibode restent mobilisés. Les manifestations organisées chaque lundi devraient donc se poursuivre dans les prochaines semaines.